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Green deal : frein ou opportunité d’innovation ?

Deux documents présentés le 20 mai par la Commission européenne précisent les contours de la stratégie globale de Green deal et celle de Farm to fork. Ils font déjà l’objet d’une grande exaspération chez les producteurs agricoles qui critiquent le côté « décroissant » des objectifs à atteindre et regrettent le manque de vision et d’innovation de la Commission.

Le Green deal, ou Pacte Vert, est un projet européen de réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. La stratégie Farm to Fork, (du champ à l’assiette) soutient, quant à elle, un système alimentaire juste, sain et respectueux de l’environnement.

La stratégie du Green Deal telle que présentée par la Commission se fixe quatre objectifs quantitatifs à atteindre d’ici 2030 :

  • Consacrer 10% de la surface agricole à des usages non productifs.
  • Réduire de 50% l’usage des produits phytosanitaires ;
  • Réduire de 20% l’usage des engrais ;
  • Consacrer 25% de la surface agricole à l’agriculture biologique.

Pour le producteurs français, « Cette stratégie pourrait se traduire par une baisse de 30% en moyenne des volumes de céréales, d’oléo-protéagineux et de betteraves sucrières. Et en valeur, la baisse serait probablement plus forte du fait des pertes de qualité et des risques sanitaires accrus. Et conseillent d’« ancrer notre agriculture dans des objectifs de performance et de parier sur l’innovation ! 

Une seule référence est faite aux biotechnologies dans le document « A farm to Fork strategy » : «Les nouvelles techniques innovantes, y compris les biotechnologies et le développement de produits biosourcés, peuvent jouer un rôle dans l’augmentation de la durabilité, à condition qu’elles soient sûres pour les consommateurs et l’environnement tout en apportant des avantages à la société dans son ensemble. Ils peuvent également accélérer le processus de réduction de la dépendance aux pesticides. En réponse à la demande des États membres, la Commission réalise une étude qui examinera le potentiel des nouvelles techniques génomiques pour améliorer la durabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. ».

Cela fait pourtant de nombreuses années que la question de l’utilisation à des fins commerciales des nouvelles méthodes d’amélioration des plantes est posée par les semenciers et les chercheurs, avec notamment la révision de la directive sur les OGM qui n’est plus adaptée aux progrès de la science.