Accueil / Enjeux socio-économiques / Porter un regard neuf sur l’agriculture

Porter un regard neuf sur l’agriculture

La crise du covid 19 a balayé en quelques jours le regard de la société sur la sécurité alimentaire et les circuits de distribution. Les français consomment “français”, mais n’achètent pas tout, ni comme « avant ».

Ainsi, les supermarchés ont été dévalisés en produits de première nécessité et sont devenus les lieux principaux d’achat en ville, alors que les marchés ont été interdits. Les importations ont, elles aussi, ont été stoppées, ralentissant très fortement les ventes des grandes centrales comme Rungis en région parisienne.

Une sobriété subie et non choisie

Certaines tendances récentes de consommation ont été balayées, au moins dans un premier temps : moins d’intérêts pour les labels et les indicateurs santé… Car fini, en temps de confinement, les achats « plaisir ». Les produits « haut de gamme », souvent vendu sur les marchés ou auprès des restaurateurs et des collectivités locales, ont du mal à trouver des débouchés et des acheteurs. Le vrac devient suspect.

Les agriculteurs et les maraichers ont donc subi différemment la crise, selon leur mode de production et surtout leur mode de distribution. Même sans concurrents étrangers, même en s’adaptant et en inventant de nouveaux circuits de distribution, de nombreux agriculteurs, maraichers, éleveurs et pêcheurs qui produisent sous labels pour des circuits courts ou spécialisés peinent à vendre leurs productions.

« Back to basic »

Les français confinés ont découvert l’importance d’une structuration agroalimentaire capable de les nourrir en quantité et en qualité. En début de confinement, les lieux et réseaux de vente de semences et de plants ont été interdits, mais vite réautorisés car essentiels à la capacité de productions alimentaires

Les français sont, comme tous les humains confinés, devenus souvent plus sobres, non par choix, mais par nécessité et aussi par incertitude.  Et se pose donc la question de la sortie de cette crise. L’Europe va-t-elle renouer avec une souveraineté alimentaire assumée ? Comment va-t-elle repenser ses réseaux de transformation et de distribution ? Les consommateurs vont-ils être plus sobres, pourront il s’offrir des produits « haut de gamme » dans un contexte de crise économique mondiale ?

On en viendrait presque à oublier les problématiques du changement climatique. Et pourtant, alors que avril 2020 a été constaté comme le onzième mois consécutif le plus chaud, les récoltes risquent de nouveau d’être impactées par la sécheresse et les ravageurs.

Il est donc, plus que jamais, nécessaire de soutenir toutes les innovations en agriculture, notamment les améliorations génétiques. Ne pas avoir à choisir entre quantité, qualité et durabilité est possible, mais cela se décide maintenant ! 

Voir aussi l’ITW de Sylvie Brunel