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Pertes et gaspillages alimentaires : comment les réduire ?

« En France, 33 % du poids de pertes alimentaires (et 40% de leur valeur économique) ont lieu au niveau du consommateur (29 kg par personne et par an à domicile, 50 kg si l’on tient compte des repas pris hors foyer) contre 32 % chez le producteur et 14 % chez le distributeur. » telles sont les données de l’INRA rendues publiques en octobre.

« Dans les pays développés, les 2/3 des pertes alimentaires se produisent chez les consommateurs. Dans les pays en voie de développement, la pauvreté pousse les consommateurs à éviter de gaspiller », précise Barbara Redlingshöfer, chercheuse à l’INRA « Là, les pertes surviennent aux stades de la récolte, du transport et du stockage. Entrent en jeu les conditions climatiques difficiles, les maladies végétales, les équipements inadaptés et les routes en mauvais état. En Afrique ou en Asie du sud-est, les pertes post-récolte en céréales représentent jusqu’à 15 à 20 % de la production ».

Les pertes des filières végétales et animales en France à la loupe

L’Inra a réalisé une étude évaluant les pertes des filières végétales (céréales, protéagineux et oléagineux, fruits, légumes et pommes de terre) et animales (lait et œufs, viandes, poisson) en France. L’analyse montre une répartition variée des pertes selon les produits et aux différentes étapes de la production à la distribution :

  • à la production agricole : 9 % en fruits, légumes, 0,5 à 1 % en lait, œuf et viandes.
  • de la production à la transformation ou la distribution : 3 à 8 % pour la viande, jusqu’à 12 % pour les fruits, légumes et pommes de terre

Les pertes sur les grandes cultures sont assez faibles en Europe.

L’étude propose différentes approches pour réduire les pertes alimentaires de la production à la distribution. « Elles sont par exemple d’ordre technique, avec l’amélioration génétique ou l’optimisation du matériel de récolte, d’ordre organisationnel, notamment par une meilleure correspondance entre l’offre et la demande. Elles sont aussi d’ordre psychosocial : les fortes exigences des consommateurs concernant l’aspect des produits ont un impact non négligeable sur les pertes aux stades de la production et de la distribution ».

Que peut apporter l’amélioration génétique ?

Résister à toute sorte de maladies, garder de bons rendements malgré la sécheresse, la chaleur ou à l’inverse le gel et les inondations, augmenter les durées de conservation et la qualité des aliments… Telles sont les challenges des chercheurs en amélioration des plantes.

Aujourd’hui, les biotechnologies sont devenues indispensables à chaque étape de la création variétale : pour accroître la connaissance des génomes, explorer et utiliser la diversité génétique, faciliter l’acquisition et la fixation de caractères intéressants et améliorer la prédiction et l’évaluation des qualités des nouvelles variétés.

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