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Tuer sélectivement les « mauvaises » bactéries en gardant les « bonnes »

La résistance aux antibiotiques est devenue un enjeu majeur de santé publique, au point que certaines maladies ne peuvent plus être traitées avec ces médicaments. Une des solutions est une approche plus ciblée sur les bactéries responsables de la maladie. Car tuer toutes les bactéries entraîne un déséquilibre de la flore bactérienne, qui peut favoriser le développement de bactéries résistantes à l’antibiotique. “En tuant toutes les bactéries, on fait une place énorme à celles qui résistent, puisqu’elles n’ont alors plus de compétiteurs”, explique Didier Mazel de l’Institut Pasteur, un des chercheurs du projet Plaswires et co-auteur d’une étude parue dans Nature.

Une équipe développe des « bombes génétiques »

Lui et son équipe ont développé une stratégie alternative. Ils ont créé une structure qu’ils comparent à une “grenade génétique”, porteuse à la fois d’une charge explosive et d’une goupille de sécurité qu’ils ont construite spécifiquement. Cette « grenade » véhicule une toxine qui n’est activée qu’en présence d’une molécule spécifique de la bactérie ciblée : cela permet de tuer les bactéries responsables de maladies sans s’attaquer aux bonnes bactéries de la flore intestinale.

Cette “bombe génétique” est délivrée grâce à un mécanisme propre aux bactéries, qui s’échangent des gènes via un processus appelé “conjugaison”. Une vidéo disponible sur You Tube permet de mieux comprendre cette stratégie innovante.

Le mécanisme a été testé avec succès sur une bactérie nommée Vibrio cholerae, qui a pour hôtes naturels certains poissons et crustacés et qui est responsable du choléra chez l’homme et chez les animaux. “Le système est en place et peut être facilement adapté à d’autres bactéries”, estime le chercheur.