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L’édition du génome chez les végétaux, les animaux et chez les hommes

L’Académie des sciences et l’académie d’agriculture ont très récemment coorganisé une conférence sur la modification ciblée du génome. Occasion de croiser les connaissances et les questions que peuvent poser cette innovation chez les végétaux et le règne animal et aborder la question éthique avec le cas des bébés chinois dont le génome a été modifié. Pour mémoire, un chercheur a en effet annoncé la naissance de deux fillettes en novembre 2018, dont le génome a été modifié par Crispr Cas pour leur conférer une résistance naturelle au sida.

Les présentations de trois chercheurs spécialistes de leur domaine ont montré le panel des possibilités mais aussi des contraintes spécifiques à chaque règne.

« Les méthodes de réécriture du génome sont devenues incontournables chez les plantes »

« L’ADN subit des dizaines de milliers d’altération par cellule et par jour » a précisé George pelletier, directeur honoraire de l’INRA. Pourtant, toute mutation ne signifie pas modification. De nombreuses techniques provoquent des mutations, et la difficulté demeure la capacité de détecter et sélectionner la mutation intéressante. L’édition du génome est la récente mais aussi la plus précise car ciblée sur l’objectif à atteindre.

Pour George Pelletier, « ce n’est donc pas la technique qui façonne le mutant ». Il a critiqué la prise de position de la cour de justice européenne qui propose de soumettre l’édition du génome à la directive OGM, limitant ainsi son développement et son utilisation autant à des fins de recherche que de développement.

Une situation nouvelle en amélioration animale et en santé humaine

Depuis 2009, la sélection animale utilise aussi le génie génétique.  La prédiction de la valeur génétique des animaux dès leur naissance est devenue une routine qui a renforcé le savoir-faire de la France et générer des bénéfices. L’utilisation de l’édition génomique est récente, mais pourrait se développer assez vite, au regard de l’organisation du secteur et de la traçabilité déjà existante du cheptel.

En santé humaine, les choses sont plus complexes. Si l’édition du génome ouvre de nouvelles pistes pour soigner des maladies génétiques, il demeure encore complexe et peut induire des effets indésirables encore mal maitrisés dans certains cas. La question éthique est surtout sensible sur les modifications germinales (modification sur les cellules souches). Des chercheurs ont d’ailleurs demandé un moratoire en la matière.

Voir le programme et la vidéo de la conférence